J'inaugure avec le poème que je considère comme le soleil (levant!) de ma poésie. Il s'agit de la première partie, le poème entier en
comportant pour le moment trois et peut-être plus, si l'inspiration daigne à nouveau guider ma main et mes mots.
Asahi (Soleil Levant)
I- 花見 (hanami)
Une pesante encyclopédie dans les mains
Esquisse l'Asie éternelle et millénaire
Ses légendes mystiques et imaginaires
Effleurant l'esprit de leurs éthérés parfums.
Aux confins de ce continent, un archipel
Constellation de terre au milieu des eaux
Victimes des éléments et de leurs assauts
Rages tectoniques, déchaînements du ciel.
Et lorsque le ciel l'honore de sa clémence
Quand l'astre déverse sa générosité
Chassant le vent, la pluie et la morosité,
Nature s'éveille aux printanières semences.
L'Homme, flatté, rend grâce sans a priori
Révère l'arbre et son essence végétale
Symbole de la Vie, en millers de pétales
Danse, chante, fête la Terre et hanami.
Par Shijin
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Voilà ce qu'a donné un de mes premiers essais en calligraphie japonaise. Sans professeur, aidé seulement d'un livre
d'initiation qui raconte aussi bien l'histoire du pinceau que comment le manier, je pense que je suis sur la bonne voie... qu'en pensez-vous?
Il s'agit d'un kigo, un élément de haiku qui évoque une saison (notion essentielle du haiku). Ici, les trois
idéogrammes signifient à peu près "le vent à soufflé les pétales de cerisier sur la neige" (signe par signe on a Cerisier (sakura) - Souffler (fu) - Neige (buki)), subtile évocation de
la fin du printemps.
Par Shijin
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Voici la deuxième partie, consacrée aux jardins typiquement japonais. Soyez indulgents, je n'ai jamais posé le pied sur ces
terres, ce n'est le fruit que de mon imagination, pas de mon vécu.
II- 庭園 (teien)
Dans une enclave salutaire de la ville
Hors des artères palpitantes et gazeuses
Epurée des âcres volutes sulfureuses
Le béton s'efface, règne la chlorophylle.
Une légère brise réveille les sens
Dissipe de l'oeil la citadine grisaille
Donne un parfum de sagesse à l'air du Kansai
Et embaume l'âme de multiples fragrances.
Le peuple végétal, heureux, libre, serein
Fièrement paré de ses atours printaniers
Expose la Vie dans sa genèse sacrée
Et enseigne le Temps tout bas sur les chemins.
Lorsque les nues enfin se teignent d'ambre et d'or
Quand le disque solaire épouse l'horizon
Le sommeil embrasse la jeune floraison
L'Univers bénit la Nature qui s'endort.
Par Shijin
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Un petit poème sur un petit chat, plus à l'Est...
IV- 招き猫 (Manekineko)
Au détour d'une rue, où les corps s'entrechoquent
Un petit être blanc à la mine amicale
Salue chaque passant, ce civil animal,
Que ces individus rendent grâce ou se moquent.
Par la haie de verre qui le coupe du monde,
Il semble veiller sur la foule qui défile
S'essouffle et se presse, rarement immobile
Dans l'espoir de sauver quelques précieuses secondes.
De jour comme de nuit, sa noble déférence
Invoque le bonheur ici dans sa boutique
Adorable félin de robe céramique
Un jour je te rendrai ta douce révérence.
Par Shijin
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Voici mon premier et seul haiku. Un haiku est un poème japonais de trois vers, dont le nombres de pieds ou syllabes par vers est
respectivement 5 - 7 - 5. Enfin, l'évocation même très subtile d'une saison (kisetsu) est indispensable.
鳥の歌 Tori no uta
空の中でも Sora no naka de mo
聞こえてる Kikoeteru
Traduction
Le chant de l'oiseau
Même en plein vol dans les cieux
Devient perceptible
Par Shijin
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